La perception de la corpulence varient d'un pays à l'autre. Une enquête internationale compare ces visions du corps idéal selon les cultures.
Thibaut de Saint Pol, sociologue à l'ENS de Cachan, en collaboration avec Delphine Robineau de l'ENSAE, aborde la complexité des normes corporelles au-delà des simples régimes alimentaires et exercices physiques. En s'appuyant sur une enquête sociale internationale réalisée en 2007 dans treize pays, ils analysent les différences d'idéaux corporels entre les sexes et selon les cultures.
Corps idéal vs corps réel
Les résultats révèlent que la valorisation de la minceur varie significativement selon le genre et les milieux sociaux. En France, par exemple, la minceur reste prisée, surtout chez les femmes. Cependant, parmi les hommes des classes populaires, un certain embonpoint est souvent associé à la force et à la masculinité. L'Europe, en général, est fascinée par la minceur, sauf en Irlande, où les hommes et femmes sont moins influencés par les silhouettes élancées.
Variations internationales
Sur d'autres continents, la Corée du Sud reste attachée à des standards de beauté très fins, tandis qu'en Uruguay, ce sont les hommes qui aspirent à cet idéal. En Nouvelle-Zélande et en République dominicaine, les femmes semblent moins soumises à l'obsession de la minceur. Ce contraste soulève des questions sur la congruence entre les idéaux et la réalité corporelle.
Pour ce qui est des hommes et des femmes des Philippines, leur indice de masse corporelle est relativement faible, bien que cela ne signifie pas qu'ils succombent à l'attrait de la minceur. En France, malgré un contexte d'étude datant de 2007, près de 60 % des femmes continuent d'exprimer le désir de perdre du poids. Cela illustre la persistance de la guerre contre les kilos en trop, tant chez les femmes que chez les hommes.







