Le Croque-notes de François Simon. Cette semaine : La Laiterie, à Lambersart
La gastronomie mérite parfois d’être libérée de ses chaines anachroniques, revenant à l’essence même de l’expérience culinaire. Le film de Joseph Losey, The Servant, illustre parfaitement ce décalage où les vérités cachées se révèlent dans un jeu de pouvoir subtil. Nous aspirons à une approche plus authentique, éloignée des conventions du XIXe siècle tout en préservant l’élégance et le savoir-vivre. Cette simplicité conviviale est ce qui définit la magie d’un lieu tel qu’un restaurant.
Lorsque l’on pénètre dans La Laiterie, situé près de Lille à Lambersart (tél.: 03 20 92 79 73), on est rapidement saisi par l’atmosphère vivante. Le propriétaire, Benoît Bernard, incarne cette ambiance décontractée et chaleureuse. Avec son humour franc et sa bonne humeur, il fait oublier les manières guindées des restaurants traditionnels. Les convives semblent d’abord perplexes devant cette énergie débordante, mais rapidement, ils se laissent emporter par sa personnalité vibrante.
Au menu, une cuisine audacieuse, à l’image de son renom. Par exemple, lors de notre visite, nous avions sélectionné un vin à 75 euros, mais Benoît, en bon connaisseur, est rapidement venu nous proposer un Minervois à un prix bien plus abordable. La perception générale est celle d’un esprit chaleureux qui s’exprime également à travers les plats. Le turbot rôti accompagné de topinambour et la tourte de maroilles se marient à merveille, révélant des saveurs franches et sans prétention.
La proximité du chef et son interaction avec les clients font de cette expérience un régal au sens propre. Pendant le repas, il n’hésite pas à suggérer des accords mets-vins audacieux. La facture, bien que modeste pour la qualité proposée, tourne autour de 200 euros pour deux, un prix tout à fait raisonnable compte tenu de l’exceptionnel moment partagé.







