Un voyage culinaire au cœur de la biodiversité mondiale à Turin.
Fin octobre, la ville de Turin a accueilli la 5e édition du Salon du goût, un événement emblématique organisé par Slowfood, mettant en lumière la biodiversité culinaire et les richesses des terroirs du monde entier.
À cette occasion, des mets variés tels que des tubercules africains, du fromage de yak tibétain, des harengs salés de l'Arctique et de la chair de caïman séchée d'Argentine ont émergé, transformant le salon en une véritable tour de Babel gastronomique. Plus de 172 000 visiteurs, un record, ont exploré les 600 stands proposés.
Cette cinquième édition a solidifié Turin en tant que capitale du mouvement Slowfood, fondé par Carlo Petrini. Le succès de ce salon prouve qu'une agriculture respectueuse, qui valorise de bons produits cultivés en saison par des agriculteurs rémunérés équitablement, a toute sa place dans l'esprit des consommateurs. Le forum "Terra Madre" a également attiré 5 000 petits producteurs, pêcheurs et éleveurs ainsi qu'un millier de chefs, dont Alain Ducasse, pour échanger sur des thèmes cruciaux comme le commerce équitable et la préservation de la biodiversité.
Le salon s'est organisé en un "village global", où les produits étaient regroupés en "rues" thématiques : légumes, fromages, huiles, viandes, vins, et charcuterie. Des “sentinelles”, petits producteurs soucieux de réhabiliter des semences ou races menacées, prenaient place au milieu de ces exposants. Parmi eux, on a pu trouver des spécialités françaises, telles que la lentille blonde de Saint-Flour et le cochon noir de Gascogne. Si Slowfood est déjà bien implanté en France, notamment avec son salon à Montpellier, le chef Alain Senderens a exprimé des regrets sur le manque d'initiative concernant un rassemblement similaire en France. "C'est à nous qu'il revenait de réunir dans une même enceinte tous les métiers de bouche. Je l'avais proposé il y a vingt ans. Les hommes politiques ne m'ont pas écouté. Maintenant, c'est ici, à Turin, pour toujours."







