La question essentielle. À 15 heures, une envie de chocolat se fait sentir. Est-ce de la vraie faim ou juste une envie sucrée ? Élément de réponse.
Ce dilemme n'est pas à prendre à la légère. Il est si tentant de céder à une douce sucrerie sur le bureau d'un collègue, deux heures après le déjeuner. Se pose alors la question : réelle faim, ennui, ou simple besoin de réconfort avant la fin de la journée ? Des experts apportent des éclaircissements sur cette distinction cruciale.
Comprendre les différences fondamentales
La sensation de faim se distingue nettement de l'envie de grignoter. "La faim provoque souvent des crampes d'estomac, parfois confondues avec d'autres douleurs", affirme Rebecca Shankland, psychologue à l'université de Grenoble. "La faim est guidée par l'instinct de survie, alors que le grignotage répond à un besoin psychologique", précise Jacques-Pascal Cusin, expert en nutrition.
Lorsque nous avons faim, notre corps envoie des signaux d'alerte pour nous inciter à chercher de la nourriture. C'est pour cette raison qu'il est déconseillé de faire les courses le ventre vide, car nous avons tendance à acheter davantage. En revanche, une simple envie de grignoter ne génère pas ces mêmes stratégies de recherche de nourriture. Pour faire la différence entre les deux, Florence Waxin, diététicienne nutritionniste, recommande une question simple : "Ai-je vraiment faim ou ai-je simplement envie de manger ?"
Les moments de vulnérabilité
Les émotions négatives favorisent le grignotage.
Outre les sensations physiques, certains contextes émotionnels peuvent influencer notre rapport à la nourriture. "Des sentiments négatifs, comme le stress ou l'anxiété, peuvent inciter au grignotage en quête de réconfort", explique Jacques-Pascal Cusin. De plus, lorsqu'on est distrait, par exemple devant un écran, on a tendance à manger sans prêter attention à notre véritable état de faim.
Les interactions sociales au travail peuvent également amplifient ces envies. "L'effet de groupe joue un rôle significatif. Si un collègue partage des sucreries, il est difficile de résister à la tentation", souligne Florence Waxin. Enfin, les stimuli publicitaires omniprésents, tels que les affiches de gâteaux, stimulent continuellement nos papilles, ce qui intensifie les envies de grignoter.
Aversion pour la nourriture saine
Curieusement, notre attirance pour le sucré et le gras est forte. Pourquoi cette préférence ? Ces aliments sont directement associés au plaisir. "Quand l'envie de grignoter nous prend, peu de personnes optent pour des fruits ou des légumes", souligne Florence Waxin. Le goût sucré est souvent le premier que nous avons découvert dans notre enfance, lié au lait maternel.
Consommer des aliments sucrés ou gras active le circuit du plaisir dans notre cerveau, rendant ces aliments particulièrement réconfortants, comme le souligne Rebecca Shankland.
(1) Jacques-Pascal Cusin est l'auteur de Quand la bouffe nous bouffe !, Éditions Albin Michel, 15 euros.







