Instauré comme un outil essentiel pour aider les consommateurs à choisir des produits alimentaires bénéfiques pour leur santé, le Nutri-score suscite de vives critiques parmi les professionnels de la nutrition. Mais alors, peut-on vraiment lui faire confiance ? Plongeons dans l'univers du Nutri-score.
Depuis son introduction en 2017 en France, le Nutri-score se présente sous la forme d'un logo coloré, avec une échelle allant de A à E, permettant d'évaluer rapidement la qualité nutritionnelle d'un produit. S'appuyant sur des travaux scientifiques, il utilise une échelle de couleurs allant du vert foncé au orange. Le score est déterminé en analysant pour 100 grammes ou 100 ml de produit les nutriments à favoriser tels que les fibres et les protéines, ainsi que ceux à limiter comme les acides gras saturés et les sucres, afin d'attribuer une note allant de A (meilleure) à E (la moins bonne).
Toutes les calories ne se valent pas
Cet étiquetage a été conçu pour faciliter le choix des « bons » aliments, contribuant ainsi à préserver la santé du consommateur. Cependant, sa fiabilité soulève de plus en plus de questions. Les critiques notent d'abord que toutes les calories n'ont pas le même impact sur la santé. Comme l’indique Anthony Fardet, chercheur en alimentation préventive, 'Deux aliments de composition identique n'ont pas nécessairement le même effet sur l'organisme'. La structure des aliments, leur temps de mastication ou la vitesse de libération des nutriments favorisent un effet différent. Par exemple, des amandes consommées entières ne produiront pas les mêmes effets que lorsqu'elles sont réduites en poudre.
Les limites du Nutri-score
Une autre critique majeure vise la prise en compte des graisses et sucres totaux. Selon certains experts, il serait préférable de ne considérer que les ajouts. Anthony Fardet explique que 'lorsqu'un fromage est noté D ou E, cela ne signifie pas qu'il est mauvais. Les fromages, étant des aliments fermentés, contiennent naturellement des graisses.' Ainsi, en petites quantités, ces produits ne posent pas de problèmes lorsqu'ils sont intégrés dans une alimentation équilibrée.
Un dernier point attire l'attention : l'objectif initial du Nutri-score était de combattre l'obésité, qui elle-même résulte de diverses causes. Fardet conclut que 'l'obésité ne peut pas être combattue avec une approche qui classe les aliments selon quelques éléments, mais nécessite une vision globale prenant en compte l'alimentation, l'activité physique et d'autres facteurs.'
En somme, un aliment jugé sain est avant tout celui qui est le moins transformé, et non simplement celui qui reçoit une bonne note. Il est donc essentiel de réfléchir avant de remplir son caddie avec des produits notés A, car ces denrées peuvent parfois être des produits ultra-transformés, liés à des risques accrus de maladies chroniques.







