Vous avez probablement remarqué cette tendance : lorsque vous consommez beaucoup de sucre, l'envie de grignoter des aliments riches et gras augmente. Ce phénomène, souvent décrit comme un cercle vicieux, a été étudié par des chercheurs de l'université d'Umea, menés par Mattias Alenius. Leurs travaux, publiés dans la revue Cell Reports, fournissent des éclaircissements sur ce mécanisme intriguant.
Sucre et gras : une relation complexe
L'étude a été réalisée sur des mouches, ce qui en fait un point de départ pour explorer ces dynamiques. Les chercheurs ont constaté que l'ingestion de sucre et de gras interagissait de manière réciproque. Ce phénomène est régulé par une hormone nommée "hedgehog" (ou "hérisson"), qui, lorsque la consommation de sucre augmente chez ces insectes, inhibe leur goût pour le sucré.
Les effets de l'hormone hedgehog
L'effet primaire de cette hormone sur les mouches est de désactiver leur désir de sucres. Cependant, cette inhibition fait également naître un autre besoin : celui de consommer des graisses. Une fois ce désir satisfait, la mouche libère une substance, la leptine (ou Upd2), qui apaise ses envies de gras. Mais, paradoxalement, elle déclenche en retour une envie de sucre, ce qui crée un cycle alimentaire visant à équilibrer leur apport nutritionnel entre graisses et sucres.
Vers une compréhension humaine
Les chercheurs estiment que ces mécanismes pourraient avoir des analogies chez l'homme, bien que notre ressenti face au sucre et au gras soit différent. Des études complémentaires seront nécessaires pour déterminer si ce même cercle vicieux peut se retrouver chez les êtres humains. En attendant, il est crucial de rappeler que des apports excessifs en graisses peuvent entraîner des risques de désordres métaboliques, tels que le diabète de type 2 et l'hypertension. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de ne pas dépasser 50 grammes de sucre par jour.
Source : Cell Reports, Institut Pasteur







