Sur la scène du Théâtre Éphémère, la "Lecture des sens" prend le bouillon.
Un festin à la Comédie Française s'est tenu récemment pour célébrer la 2e édition de la fête de la gastronomie. Comme l'a souligné Muriel Mayette, administratrice générale du Français, c'était "une soirée exceptionnelle". Le théâtre a ouvert ses portes à l'imagination des chefs étoilés tels qu'Alain Passard (Arpège), Frédéric Carrion (Relais de Montmartre) et Michel Chabran (Hôtel du Pont-de-l'Isère) tout en étant marqué par la performance de comédiens renommés comme Denis Podalydès et Laurent Stocker. Il était difficile de ne pas se laisser emporter par la promesse d'un festin, imaginant des mets raffinés tels qu'une caille rôtie accompagnée de légumes savoureux, le tout rehaussé par un délicieux bourgogne.
L'illusion devient réalité lorsque Sylvia Pinel, ministre de l'artisanat, du commerce et du tourisme, fait son entrée pour inaugurer la soirée avec un bouillon d'ouverture peu inspiré. La "Lecture des sens" débute avec une lecture de Podalydès, évoquant un don Juan à la fois érotique et épicurien. Sur scène, Passard, flanqué de son piano, distille des arômes à travers une casserole mise en lumière. Alors que résonne là ci darem la mano de Mozart, les chefs ne se contentent pas de la cuisine; ils tentent de donner vie à un texte qui, semble-t-il, manque de substance. Carrion, par exemple, s'attarde sur une interminable tirade sur l'artichaut, mêlant humour et références à l’œuvre de Molière.
Pourtant, le public n'est pas dupe. Un spectateur, exaspéré par ce mélange peu engageant de cuisine et de théâtre, s'écrie avant de quitter sa place : "ce n'est pas un artichaut, mais un véritable navet !" Ce commentaire résume le sentiment général : un don Juan moderne qui ne parvient pas à séduire. Le spectacle, en effet, semblait tantôt survolté, tantôt ennuyeux, laissant un goût amer parmi les invités.







