Les logotypes comme le Nutri-Score ont pour objectif d'éclairer sur la qualité nutritionnelle des aliments. Mais leur efficacité face à nos habitudes alimentaires est-elle avérée ? Une étude récente réalisée par des chercheurs français semble apporter des réponses.
Alors qu'une évaluation par l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) au début de l'année prétendait qu'aucun système d'étiquetage n'influençait les comportements alimentaires des consommateurs, une nouvelle recherche publiée dans les PLoS défie ces assertions. Les indications nutritionnelles pourraient véritablement jouer un rôle dans la prévention du cancer.
Un examen approfondi du Nutri-Score
Introduit en France en octobre 2017, le Nutri-Score utilise un code couleur qui classe les produits alimentaires sur une échelle de cinq niveaux allant de A (très favorable) à E (moins favorable). Pour mieux évaluer son efficacité, les chercheurs ont scruté les habitudes alimentaires de plus de 470 000 adultes européens. Leur enquête, parue ce mardi 18 septembre, révèle que ceux consommant régulièrement des aliments mal notés affichent un risque accru de 7 % de développer un cancer.
La docteure Mathilde Touvier, l'une des responsables de l'étude, explique : “Nous avons classé chaque aliment en tenant compte de sa quantité, créant des groupes selon la qualité nutritionnelle pour mieux établir leur impact sur la santé.” Les informations ont été ajustées selon des facteurs variés comme l’âge, le niveau d’éducation et le mode de vie des participants.
Des résultats révélateurs
Environ 50 000 cas de cancer ont été rapportés parmi les participants, avec une fréquence élevée de cancers coliques, gastriques et des voies aérodigestives supérieures. Le cancer du poumon touchait davantage les hommes, tandis que les femmes étaient plus affectées par des cancers du foie et du sein après la ménopause.
Ces résultats corroborent une étude de 2018 qui établissait déjà un lien entre la consommation d'aliments ultra-transformés, souvent mal classés par le Nutri-Score, et l'augmentation du risque de cancer. Les chercheurs concluent que : “Cela confirme la validité du système FSAm-NPS, un outil de profilage nutritionnel essentiel, tant pour les étiquettes que pour des politiques de santé publique.” Il est important de noter cependant que la consommation occasionnelle de ces aliments ne pose pas de risque, à condition de rester raisonnable.







