Cet été, une nouvelle tendance nutritionnelle s'affirme : vivre sans sucre. Faut-il vraiment s'y engager pour améliorer sa santé ? Témoignages et recommandations d'experts vous aideront à décider.
Annabelle, consciente des impacts du sucre dans son quotidien, a décidé de sauter le pas après avoir réduit sa consommation. "J'ai d'abord retiré toutes les tentations de mes placards. C'était une démarche progressive", explique-t-elle. Sa motivation a été renforcée grâce au "Défi sans sucre" proposé par Agathe Audouze, fondatrice du Café Pinson à Paris. Ce programme de trois semaines invite à éliminer le sucre et ses dérivés progressivement, en commençant par les morceaux de sucre, puis les gâteaux, les jus et même l'alcool.
Agathe souligne l'importance de se soutenir mutuellement lors de ce défi, organisé via Facebook. Environ 5 000 participants ont pris part à cette aventure, prouvant que le groupe est un excellent stimulant.
Le forse du mouvement sans sucre
Cette tendance n'est pas née de nulle part. De nombreux ouvrages sur l'alimentation sans sucre ont vu le jour ces derniers mois, comme Zéro sucre de Danièle Gerkens, qui raconte son année sans sucre, ou encore le livre de recettes de Philippe Conticini, Gâteaux et gourmandises sans sucre. Le sujet a même suscité l'intérêt des médias, avec des documentaires prévus sur France 5 pour partager ces expériences de vie sans sucre. Les patisseries comme Delicesweet offrent désormais des produits gourmands adaptés aux consommateurs désireux de réduire leur consommation de sucre.
Conséquences sur la santé et alternatives
Le Dr Pélissier, qui a étudié les effets du sucre et des édulcorants, indique que cette prise de conscience sur le sucre est comparable à celle concernant les graisses. "Nous avons longtemps considéré le sucre comme inoffensif", précise-t-il. Cependant, les recherches montrent une corrélation entre une consommation accrue de sucre et divers problèmes de santé comme l'obésité et le diabète. L'OMS recommande une consommation quotidienne de 45 à 50g, une dose souvent dépassée sans même s'en rendre compte.
Agathe Audouze recommande un sevrage d'environ trois semaines, en évitant les substituts artificiels, susceptibles de causer des problèmes de santé similaires à ceux du sucre. Après avoir rompu avec le sucre, ses effets sont indiscutables : "On retrouve énergie et vitalité", affirme-t-elle.
Annabelle, ayant déjà essayé le défi, témoigne : "Au début, tout est motivant, mais les événements sociaux peuvent compliquer les choses. J'ai appris à me préparer et à communiquer mes intentions pour éviter de craquer. Je me sens mieux sans sucre, moins fatiguée et je peux gérer mon stress autrement." Ce processus pourrait bien pousser à réfléchir sur ses habitudes alimentaires cet été.
(1) J'arrête le sucre, documentaire de Anne-Sophie Lévy-Chambon, sur France 5 le 23 juin.
(2) Sondage Ipsos 2008 sur les sucreries.
(3) Lenoir et al., Intense sweetness surpasses cocaine reward, PLoS One, 2007.







