Paul Bocuse, chef emblématique de France, nous a quittés samedi 20 janvier à 91 ans. En 2007, nous avons eu le privilège de le rencontrer lors d'une interview mémorable.
L'un des derniers géants de la gastronomie, Paul Bocuse, est parti, laissant derrière lui un héritage culinaire immense. En janvier 2007, il s'était prêté au jeu de l'interview avec le journaliste François Simon, partageant ses réflexions avec humour et franchise.
Une vision nostalgique de la cuisine
« Vous n'en avez pas marre de jouer à Paul Bocuse ? » plaisantait-il, tout en vantant un art culinaire qu'il considérait comme essentiel. Pour lui, un bon cuisinier ne se blesse pas ; un savoir-faire bien maîtrisé était primordial. En parlant des produits, il affirmait : « Tout est question de gestes. L'assaisonnement, c'est la touche qui sublime un plat. »
Refus de la modernité
Bocuse a toujours été critique envers certaines innovations. « J'ai fait sortir les chefs de la cuisine, mais maintenant, il serait temps qu'ils y reviennent », disait-il. Il ajoutait : « L'azote et autre technologie ne m'intéressent pas. Le vrai savoir-faire, c'est sentir la cuisson. »
L'importance de l'accueil
Pour Bocuse, la clé de la réussite était l'accueil. « Quand je suis à table, je mange. Dans mon lit, je dors, et c'est tout. Il faut bien traiter son équipe, tout le monde doit être heureux de travailler ici. » Sa cuisine trois étoiles était ancrée dans une philosophie d’excellence et de partage.
Retour sur la nouvelle cuisine
« Nous étions douze chefs réunis sous l'égide de la grande cuisine française en 1968. Claude Lebey et Henri Gault nous ont propulsés sous les feux des projecteurs. Mais, pour moi, la nouvelle cuisine, c'était rien dans l'assiette, tout dans l'addition ! » Cette déclaration résume son approche pragmatique face aux tendances culinaires qu'il désapprouvait.
Des anecdotes mémorables
Au-delà de la gastronomie, Bocuse partageait des souvenirs marquants. Il se rappelait de ses rencontres avec des personnalités, de petites joies comme partager un saucisson entre amis, et de l'importance des liens humains dans son métier. À table, il savait apprécier des plats simples mais savoureux.
Un homme de cœur
Son empathie ne connaissait pas de limites. Une famille rencontrée à l’aéroport de Miami l’a profondément marqué, lui rappelant que courage et amour portent plus de poids que toute étoile Michelin. Paul Bocuse reste ainsi un symbole de passion pour la cuisine et d'authenticité dans les relations humaines.







