Un ou deux morceaux de sucre dans le café du matin, une pâtisserie à midi, ou encore une barre chocolatée pour la pause de l'après-midi : autant d'habitudes alimentaires anodines qui peuvent masquer une véritable dépendance. Mais qu'en est-il vraiment ?
Christine, 40 ans, mère au foyer : un quotidien dominé par le sucre
"Manger plus sainement m'aide à lutter contre mes pulsions sucrées." Christine se considère comme accro au sucre. Chaque tentative de limitation se heurte à des envies irrépressibles. "Quand je me prive, je me sens mieux, mais lors d'un craquage, le sucre me procure un apaisement illusoire. En réalité, je me sens encore plus irritable et déprimée par la suite. Arrêter les sucreries a été plus difficile que de se défaire du tabac !"> Elle a consulté un micronutritionniste, qui l'a aidée grâce à des compléments alimentaires. Cependant, une simple tentation comme un morceau de bûche à Noël l'a vite fait rechuter. Christine a remarqué que, en intégrant davantage de légumes et de légumineuses à son alimentation, ses envies de sucre diminuaient. Elle entend explorer cette voie pour se libérer de son addiction.
Serge Ahmed, directeur de recherche au CNRS : la science au service de l'addiction
"Il est possible de parler de dépendance au sucre". Serge Ahmed explique que la consommation de sucre active des circuits de récompense dans le cerveau, semblables à ceux activés par d'autres drogues comme la nicotine ou l'alcool. Ces substances libèrent de la dopamine, engendrant des sensations d'apaisement et d'euphorie. Cela rappelle une expérience menée en 2007, où des rats, face à un choix entre eau sucrée et cocaïne, optaient à 90 % pour l'eau sucrée. Cette attirance pour le sucre peut être liée à une prédisposition génétique. Bien que la recherche en soit encore à ses débuts, Ahmed affirme que la dépendance au sucre mérite d'être reconnue.







